Naviguer entre information et propagande

Les Malgaches vivent des heures difficiles. Situation politique confuse, bataille de pouvoir, guerre de communiqués, répression, rumeurs, colères…. Les habitants de l’île, comme leurs parents expatriés, s’informent grâce aux journaux et aux radios. Et bien sûr grâce à Internet. Extraordinaire lien entre tous ceux qui peuvent y avoir accès. Formidable lieu d’échange, de parole, de récit, de militantisme aussi. Depuis des semaines, j’observe et je lis, ce que me disent les auditeurs, et ce que nous disent les sites internet. Et j’éprouve le désir de vous prévenir : attention, ce n’est pas parce qu’elle est sur Internet, qu’une information est fiable.

Paroles de politiques, parole de journaliste

L’épisode du pardon de Ségolène Royal à José Luis Zapatero ne mériterait pas un froncement de sourcil de la médiatrice s’il ne mêlait pas, dans une confusion bien ordinaire, les responsabilités des uns et des autres. Et si les auditeurs n’avaient pas réagi – les uns pour soutenir, les autres pour accabler Ségolène Royal – en se fondant sur une réalité somme toute assez floue. L’affaire est intéressante en ce qu’elle confronte trois modes de fonctionnement, trois pratiques : journalistique, politique et citoyenne. RFI, comme la plupart des médias audiovisuels, n’en a pas suffisamment expliqué la genèse.

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Le malgache en français

 Comment prononcer, sur l’antenne de RFI, les noms propres étrangers ? Les noms des villes, les noms des hommes ? Les journalistes s’interrogent souvent, et les auditeurs nous interpellent sur le sujet. L’exemple de Madagascar, et de ses noms propres, notamment celui d'Andry Rajoelina, qui a pris le pouvoir, les laissent perplexes. Je vais tenter, humblement, d’apporter quelques éléments de réponse, aidée en cela par un fidèle auditeur.  

 

Le Pape, RFI et les auditeurs

 

RFI a largement rendu compte de la visite du Pape Benoît XVI au Cameroun et en Angola, du 17 au 23 mars 2009. Ce qui lui a valu, de la part des auditeurs et des internautes, une volée de bois vert. Ceux qui ont écrit, ou téléphoné, se sont plaint d’une couverture partiale, voire malhonnête, de l’événement. Bien sûr, ce sont les mécontents qui se manifestent, et ils ne représentent pas la majorité de l’auditoire. Ils n’en sont pas moins parfois pertinents.

Un monde sans journaux

 

Vous inviter à ouvrir un livre, et à réfléchir : est-ce le travail de la médiatrice ? Je le crois, tant le bouleversement que nous sommes en train de vivre, vous, auditeurs, téléspectateurs, lecteurs, internautes, et nous, journalistes, va transformer notre destin commun. Pour nous aider à comprendre la révolution médiatique en marche, Bernard Poulet, rédacteur en chef à l’Expansion, vieux routier de l’enquête, du reportage et des affaires internationales, publie, aux éditions Gallimard, « la fin des journaux et l’avenir de l’information ».

Déontologie et confiance

Les journalistes, et leurs responsables hiérarchiques ont beaucoup progressé en lucidité, ces dernières années. La crise de confiance entre la presse et le public s'est aggravée, et c'est, pour partie, la manière dont les journalistes exercent leur métier qui en est la cause. La profession désormais le reconnaît, et semble prête à se doter de nouveaux outils: une charte de déontologie annexée à la Convention collective des journalistes, et des chartes particulières à chaque entreprise. Comme l'a fait RFI, il y a maintenant dix ans.

Le «leader» Obama

 La traduction, casse-tête du journaliste ? C’est souvent le cas, et quand il s’agit d’écrire en français le discours de Barak Obama, gare aux glissements sémantiques, et, partant, aux mauvaises interprétations.

Un mot, dans ce discours, a donné lieu à traductions diverses, dans la presse française, et à quelques froncements de sourcils dans le public. C’est le mot lead, le verbe to lead.

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A propos de Gaza

Plusieurs auditeurs se sont dits «indignés» de la manière dont RFI traite l'opération militaire israélienne à Gaza. Nous serions «partisans», «subjectifs», «de parti pris», en faveur d’Israël.

Ces auditeurs sont peu nombreux, et se sont surtout exprimés la première semaine du conflit, mais leurs remarques méritent réponses et réflexion. Et cela même alors que la médiatrice que je suis estime la couverture de la guerre entre Israël et le Hamas d’une très grande honnêteté.

 

Premier message de la nouvelle médiatrice

Vous, auditeurs de RFI, avez toujours beaucoup de choses à nous dire. Agréables, ou moins agréables. Pertinentes ou injustes. Dignes d’être entendues, toujours. La médiatrice des rédactions de RFI est à votre écoute, pour tout ce qui concerne le traitement de l’information, dans nos journaux, nos magazines, et sur notre site internet.

Je suis donc votre interlocutrice, votre messagère, l’intermédiaire entre vous et les journalistes de RFI.

Je suis là pour transmettre vos remarques aux journalistes, ou à la direction, en discuter avec eux, puis vous répondre, dissiper vos doutes, expliquer et clarifier nos choix éditoriaux, et, s’il le faut, reconnaître nos erreurs. Vous, auditeurs, n’êtes pas infaillibles, nous, journalistes, ne le sommes pas non plus.

Sortir avec humour

                   "Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir"

                    Jules Janin (1804-1874), écrivain, ancien journaliste

Star system et journalisme

          "PPDA a fait partie de ceux qui ont ouvert la porte au star system. Ce qui arrange bien les puissants: un journaliste est moins manipulable qu'une star qui a toujours envie de rester star et peut donc se montrer plus souple... Cette vedettarisation d'un métier qui devrait rester neutre dénature le système. Désormais, on a davantage besoin de gens dotés d'un physique qui accroche bien la lumière plutôt que de savoir s'ils sont les plus aptes à défendre les principes de la profession. Certains sont même plus préoccupés de leur notoriété que de s'interroger sur le sens de l'information. Bientôt, Miss France pourra présenter le Journal..."                

Jérôme Bellay, fondateur de France-Info, de LCI, producteur de l'émission C dans l'air (France 5)

"Race": le mot et l'emploi du mot

                    Thierry Noia, auditeur de Douala, adresse ce qu'il appelle un "billet d'humeur" au médiateur, et débute de façon fort ingénue un propos qui n'est pas si léger que cela:                  

                   "Je me demande si les erreurs de langage répétées dans la bouche de professionnels de la langue sont voulues - ou simplement liées au fait de parler par automatismes : une "pensée kangourou" ? Les journalistes radio-TV sont aux premières loges pour ces écarts du sens correct. Et je ne parle pas ici des erreurs courantes : erreurs de grammaire, vocabulaire, ou de liaisons ( "commencer de" – « au jour d'aujourd'hui » - quatre-vingt (z)états, etc.). 

Repenser le journalisme

                    « Le problème est d’imaginer de nouveaux projets pour repenser le journalisme. On ne peut certes jamais être contre la dénonciation de ce qui apparaît scandaleux dans la société. Mais s’il y a de l’énergie à dépenser, il me paraît préférable de l’utiliser à produire des choses nouvelles. Renouveler le journalisme, ce n’est pas dénoncer la médiocrité, mais travailler à produire de la qualité. »

                    Pierre Rosanvallon, historien, professeur au Collège de France et président de « La République des idées », interview à Mediapart.fr

Curiosité malsaine

                    « La seule presse qui se vende encore suffisamment et qui n’ait pas de problèmes économiques sérieux est désormais, si je comprends bien, la presse people, autrement dit celle qui vit principalement de la satisfaction de la curiosité malsaine du public pour des choses qui ne le regardent la plupart du temps en rien et dont il n’a aucun besoin de savoir quoi que ce soit. Le problème est que, comme le confirment certains événements récents, la presse dite « sérieuse » sera vraisemblablement de plus en plus tentée d’imiter ne partie son exemple. »

                    Jacques Bouveresse, philosophe, professeur au Collège de France, interview à Mediapart.fr

Le poids des mots et des nuances

                    Ce n'est pas à priori une critique virulente, que nous adresse Bernard Jeufroy, auditeur de Paris, mais une de ces analyses subtiles qu'affectionne le médiateur, car elles obligent à la réflexion, et nous rappellent que dans l'emploi des mots, bien des nuances sont à prendre en considération.

                    Voici donc ce que notre auditeur présente comme une « proposition » concernant la rédaction des journaux, « à l'usage des commentateurs, envoyés spéciaux etc. à qui vous serez bien gentils de soumettre cet avis ».

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La vérité sans prétention

                    Envie d'appliquer au journaliste cette conclusion de Jacques Julliard, à la fin d'un débat sur l'historien (Nouvel Observateur du 9 octobre):

 "Autrement dit, si sa profession est de chercher la vérité, il doit se garder comme du diable de prétendre la détenir."

Fatalisme et candeur

                    "Il faut combattre une forme de fatalisme, assez répandue chez les journalistes, enclins à manifester plus de sens politique quand ils analysent les querelles de courant au sein d’un parti, que les rapports de force dont dépendent les conditions d’exercice de leur métier. Il y a, dans cette corporation, un mélange de candeur et d’« àquoibonisme »..

                    

Vincent Hugeux, président de la société des journalistes de L’Express

Rapport 2007-2008 du médiateur: le texte central

rfi
Radio France Internationale

Rapport du médiateur

Septembre 2008

                                      Avertissement

Le présent document est le second rapport dans l’histoire de la médiation  à RFI. Il ne reprend pas les éléments fondamentaux du premier rapport remis en septembre dernier, dont la lecture pourra très utilement baliser la réflexion sur cette tâche et son évolution. Sans vanité d’auteur, le médiateur ne peut qu’en recommander la (re)lecture, car il n’a rien à y retirer.

Le présent rapport analyse l’activité des douze derniers mois et actualise les éléments de réflexion sur cette fonction à RFI.

Sommaire

I. L’activité du médiateur

I.1. L’accueil des interpellations
I.2. Le traitement des interventions
I.3. L’animation du blog
I.4. L’intervention à l’antenne   

II. Les préoccupations des auditeurs 

II.1. A travers la myriade des courriels 
II.2. A travers les interpellations directes du médiateur
II.3. Le cas Moussa Kaka

III. Questions posées à la médiation

Annexe 1: "Note au matin" du 23 janvier 2008

Voici l'exemple d'une des "notes au matin" adressées par le médiateur aux présentateurs de journaux, sur la suggestion de l'un d'entre eux. Elle porte sur l'objectivité de l'information.

Analyse subtile d’un universitaire norvégien auditeur de RFI :

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MESSAGE
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Madame, Monsieur
J'apprécie beaucoup les émissions de RFI qui au contraire des radios "métropolitaines" est très ouverte à l'actualité internationale. Néanmoins j'aimerais exprimer ici un vif reproche. Que les opinions politiques de la rédaction transparaissent dans les débats me semble inévitable et somme toute naturelle, mais une radio qui se veut internationale se doit, si elle aspire à être crédible, s'en tenir au faits dans son journal.
J’espère que la rédaction appréciera ici la critique constructive d’un fidèle auditeur. Respectueusement.
Dr. Jean-Luc Boulland (PhD)

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Annexe 3: A tu et à vous

Voici le texte publié après l’émission de l’Atelier des médias consacrée au tutoiement et au vouvoiement à l’antenne Par fonction et par nature J, le médiateur donne rarement un avis sans y avoir un peu réfléchi. On pardonnera donc le raisonnement, en trois parties comme à Sciences Po (dont je ne sors pas, ce qui m’évite et m’a évité bien des tutoiements), mais qui tente de rassembler tous les éléments argumentaires énoncés et entendus. Bien entendu, la question ne se pose qu’à l’antenne : dans les couloirs, le courrier et sur les blogs privés, on fait ce qu’on veut…

  1. les  3 inconvénients du tutoiement

-         cette « complicité » affichée exclut le public qui « n’en est pas » : pas de problème dans un chat entre blogueurs, mais difficulté pour intégrer les autres (milliers, millions d’) auditeurs dans une émission.